P A R O L E S   D U   D H A R M A
 

• Accueil

• Le temple

• Bouddhisme et zen

• La pratique

• Les horaires
 et dates des retraites

• Ancêtres
  et lignée

• Enseignements

• Liens

• Contactez-nous

• Photos

   
   

LES PARAMITAS - page 5

PRAJNA

Dana n'est pas un Paramita s'il ne contient pas Prajna, la Sagesse qui voit la vacuité de tout.
Lorsque nous offrons, si nous sommes attachés au don, à la personne qui reçoit ou à celle qui donne, c'est donner mais ce n'est pas un don libre d'attachements, pas un Paramita.

Le Soutra du Cœur de la Grande Sagesse et le Soutra du Diamant font partie de la littérature Prajna Paramita (Perfection de la Sagesse). Dans l'un des chapîtres du Soutra du Diamant, Subhuti, l'un des disciples de Shakyamuni Bouddha, lui demande comment les Bodhisattvas devraient pratiquer.

 

Autres paroles :

- Le filet d'Indra

 

Bouddha répond ainsi : «Lorsqu'un bodhisattva fait un don, il ne devrait être attaché à rien. Il ne devrait être attaché à aucune apparence, aucun son, aucune odeur, aucun goût, aucun toucher, aucun dharma.
Ainsi, Subhuti, les bodhisattvas intrépides devraient faire un don sans être attachés à la perception d'un objet, et pourquoi, Subhuti ? Le mérite de ces bodhisattvas qui font un don sans être attachés à quoique ce soit n'est pas facile à mesurer.»

Ici «mérite» n'est pas quelque chose de bénéfique pour nous seuls. Si un bodhisattva donne sans être attaché à ce qu'il perçoit, ce bodhisattva reçoit. Et, comme un écho sans fin que nous n'entendons pas, tout reçoit. Cela, en soi, est Prajna Paramita. Lorsque nous ne sommes pas attachés au don, à la personne à qui nous donnons ou à nous-même, nous sommes libérés des trois poisons. Le don est libéré et puisque tout est interdépendant, tout est libéré des trois poisons.

Ainsi Dana n'est pas Dana Paramita s'il ne contient pas Prajna qui voit la vacuité, l'interdépendance de toutes choses. Si nous nous agrippons à nos idées et ne pouvons nous en détacher, rien n'est libre.

Dana Paramita est la pratique de travailler avec tout ce que nous rencontrons dans la vie sans essayer de contrôler les autres, sans s'obstiner afin d'obtenir vaille que vaille ce que nous tenons absolument à nous procurer. C'est ne pas bloquer l'énergie naturelle, c'est laisser la Vie couler, fluide. Chacun et chacune d'entre nous fait partie de ce grand tout, alors pourquoi contrôler, se fermer puisque tout comprend tout? Puisque nous dépendons de tout?

 
 

Donner et recevoir vont toujours de pair, ils sont une seule et même chose. Lorsque nous donnons, nous recevons, bien que nous n'en soyons pas conscients. Nous recevons sans cesse. Comment pourrions-nous vivre sans air, sans eau, sans tout ce qui nous permet d'exister ?

Lorsque, dans le zendo, nous témoignons notre gratitude en nous inclinant de tout cœur, qui se prosterne ? Et où est la prosternation ? Qui donne et qui reçoit? Tout donne à travers nous, à travers notre action. La gratitude imprègne tout et se réverbère dans tout. Chaque action a un effet sur tout les dharmas.

Dans les Jakata6, une des histoire raconte comment un petit garçon qui jouait avec du sable, voyant le Bouddha passer, lui en offrit une poignée dans son bol à aumône. Simplement. Sans se dire que cela ne se faisait pas. Et le Bouddha l'accepta avec gratitude et s'en servit pour en faire un enduit pour le mur de sa chambre. Pouvons-nous être comme les jeunes enfants qui ont l'esprit et le cœur ouverts et qui donnent un caillou, un brin d'herbe, un sourire…
Plus nous pratiquons, plus nous comprenons combien nous recevons de nos maîtres et des ancêtres de notre tradition. Grâce à eux et à elles cette pratique nous parvient à travers le temps et l'espace, elle existe toujours et nous la recevons.


6. Jakata: datant du 4ème siècle avant J.C., ces histoires racontent les vies précédentes de Shakyamuni avant qu'il ne devienne Bouddha.

                                       < page précédente - page suivante >