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LES PARAMITAS - page 3

D'habitude nous donnons d'une manière égoïste, en nous attendant à recevoir quelque chose en échange. Ah ! l'expression «donnant-donnant» en dit beaucoup sur la manière courante de voir nos rapports avec autrui. Il nous arrive aussi de donner plutôt à une personne qu'à une autre selon nos affinités. Ceci s'appelle donner avec intention.
Il y a quelques années, j'étais dans un grand aéroport. J'avais trouvé un coin tranquille où j'étais seule et je lisais en attendant l'avion. Tout d'un coup je sentis la présence d'une personne qui arrivait. En levant la tête j'aperçus un moine de la tradition Theravada, portant la robe ocre, qui, lui aussi, avait trouvé un coin tranquille ! Sans hésiter je me levai et lui offris le biscuit que je venais d'acheter. Il leva le regard sur moi, l'air étonné, se pencha, mains jointes pour remercier, et, sans un mot, simplement l'accepta avant d'aller s'asseoir.

Autres paroles :

- Le filet d'Indra

       
 

Dans la ville où j'habite, pour aller faire les courses, je passe devant un groupe de jeunes SDF assis à côté du cinéma. Ils fument et boivent de la bière, un bonnet posé devant eux, espérant recevoir quelques pièces. Mais il est bien rare que je leur donne de l'argent.
Et pourquoi pas ? Dans la tête, je critique, je préfère une manière de vivre à une autre, je choisis à qui donner. Pourtant, lorsque nous observons ces deux situations, il n'y a que des humains qui, comme nous, ont des besoins pour vivre.

DANA PARAMITA

Une autre manière de donner est Dana Paramita. En français, les mots donner, don, donation viennent de ce mot Dana en sanskrit. Un don, une donation ont conservé le sens de Dana, c'est-à-dire d'abandonner volontairement quelque chose à quelqu'un sans rien attendre en retour.
Ces bols dans lesquels nous mangeons, sont parfois appelés «bols de Bouddha».

«Maintenant nous ouvrons les bols de Bouddha, puissions-nous, avec tous les êtres,
réaliser la vacuité des trois roues, la personne qui donne, celle qui reçoit et le don» chantons- nous

 
   
 

lors des repas formels dans le zendo. Ici aussi «Bouddha» veut dire «éveil», c'est-à-dire que la pratique de gyohatsu nous aide à nous éveiller.
Lorsque nous réalisons combien de causes et de conditions sont réunies pour que ces aliments se trouvent dans nos bols ou dans notre assiette et combien de personnes ont travaillé sans savoir qui allait manger cette nourriture que nous recevons maintenant, nous commençons à percevoir la chance que nous avons. C'est alors que nous découvrons que nous recevons de partout et que cette nourriture n'est pas uniquement la nôtre, mais celle de tous.

La pratique de Dana veut dire que nous nous libérons de notre propre attachement, pour à la fois notre bien et celui de tout et de tous.
«Dana est une offrande faite et reçue sans envie» dit mon Maître, Shohaku Okumura, Roshi.

«Lorsque nous sommes vraiment libres des trois poisons, l'avidité, la colère et l'ignorance5, que ce soit donner ou recevoir, nos activités sont Dana.»


5. L'ignorance : l'un des trois poisons. Ne pas savoir que tout est interdépendant.

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